1)E U CONSOMMATION DES RICHESSES. 0.^1seulement par son propre intérêt, mais par les senti-mens du cœur: son économie assure des ressourcesaux êtres qui lui sont chers ; un gouvernement éco-nome épargné pour des citoyens qu’il connaît à peine,et les ressources qu’il ménage ne serviront peut-êtrequ’à ses successeurs.
On se tromperait si l’on supposait que le pouvoirhéréditaire met à l’abri de ces inconvéniens. Les con-sidérations qui agissent sur l’homme privé touchentpeu le monarque. Il regarde la fortune de ses héritierscomme assurée pour peu que la succession le soit. Cen est pas lui qui décidé de la plupart des dépenses etqui conclut les marchés : ce sont ses ministres, sesgénéraux ; enfin une expérience constante prouve queles gouvernemens les plus économes ne sont ni lesmonarchies, ni les gouvernemens démocratiques ,mais plutôt les républiques aristocratiques.
Il ne faut pas croire non plus que l’esprit d écono-mie et de règle dans les consommations publiques ,soit incompatible avec le génie qui fait entreprendreét achever de grandes choses. Charlemagne est undes princes qui a le plus occupé la renommée : il fit.la conquête de l’Italie , de la Hongrie et de l’Autriche -,repoussa les Sarrazins et dispei’sa les Saxons ; il obtintle titre superbe d’empereur ; et néanmoins il a méritéque Montesquieu fît de lui cet éloge : « Un père de» famille pourrait apprendre dans les lois de Charle-» magne à gouverner sa maison. Il mit une règle
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