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Tome second.
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2 02

LIVRE III, CHAPITRE G.

On gagne toujours à n’employer, en toutes choses,que les bonnes qualités, dût-on les payer davantage.On n’a presque jamais des gens de mérité à très-basprix, parce que le mérité s’applique à plus d’un em-ploi. Un homme qui peut faire un bon administra-teur , s il se consacre à une autre profession, a del’etoffe pour faire ou un bon avocat, ou un bon mé-decin, ou un bon agriculteur, ou un bon négociant;et ces différentes occupations présentent des emploisplus ou moins avantageux au mérite. Si la carrièrede l’administration ne lui offre qu’un sort chétif,une autre lui présentera facilement un sort meilleurqu’il préférera.

U en est de la probité comme du talent. On n’ades gens intègres qu’en les payant. Rien d’étonnant àcela : la probité est une qualité utile ; partant elle aune valeur, de même que la force ou l’adresse (i).

Le pouvoir qui accompagne ordinairement l’exer-cice des fonctions publiques, est une espèce de salairequi, dans bien des cas, excède le salaire en argentqu’on leur attribue. Je sais que dans un état bien or-donné, les lois ayant le principal pouvoir, et peu dechose étant laissé à l’arbitraire de l’homme , il n’ytrouve pas autant de moyens de satisfaire ses fantai-

(i) « Les Anglais ont de bons consuls (commissaires des* relations commerciales), par la même raison qu ils ont de» bons ouvriers, parce qu’ils les payent bien. » Trécix Beac-101'a : Du Commerce de la Grèce , Tome II, page 3 .