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Tome second.
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2 54 LIVRE III, CHAPITRE 6,

richesses, celui que donne l’autorité? Quels comptesosera-t-on demander à 1 homme qui peut se donner,soit avec le gouvernement, soit avec le peuple, l’airde la générosité ? Ce n’est pas que dans quelques oc-casions on ne puisse avec avantage employer les ser-vices gratuits des gens riches, surtout dans les em-plois qui sont plutôt honorables qu’ils ne rendentpuissans, comme l’administration des hôpitaux.

Sous l’ancien régime, en France, le gouvernementpresse par le besoin d’argent, vendait les places ; cemoyen-la est le pire de tous. Il a les inconvéniens desfonctions qu on exerce gratuitement,puisque les émo-lumens de la place ne sont plus que l'intérêt du ca-pital payé par le titulaire, et de plus il a l’inconvé-nient d’exiger, non l'habileté dont on a besoin, maisla fortune dont on n’a pas besoin. C’est, dit Platondans sa République, comme si dans un navire onfesait quelqu’un pilote pour son argent.

On a souvent confié des fonctions civiles, telles quel’expédition des actes de naissance, de mariage et dedécès, à des prêtres qui, payés pour d’autres fonc-tions , pouvaient exercer gratuitement celle-là. Il y atoujours quelque imprudence à l’autorité civile à con-fier une partie de ses fonctions à des hommes quise disent ministres d’une autorité supérieure à lasienne (qj.

(l) A plusieurs époques du siècle dernier’, malgré le gou-