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pudeur de la langue latine : le latin dans les mots bravel’honnêteté ; mais le lecteur français (et surtout la lectrice)veut être respecté : or la botanique, telle que l’ont faite lesauteurs, est interdite aux jeunes demoiselles, qui y trouve-raient cependant une occupation pleine de charme, si lelangage en était chaste et intelligible. J’ai dû, par consé-quent, rendre abordable pour les femmes, aussi bien quepour les hommes , une science dont F étude émousse à toutAge le goût des amusements frivoles, prévient te tumulte despassions, et porte à l’âme une nourriture qui lui profite enla remplissant du plus digne objet de ses contemplations (1).
Après avoir analysé comparativement dans mes cinquanteplantes les diverses combinaisons de structure que peuventoffrir l’are végétal, les feuilles et les verticilles floraux, jemets entre les mains de l'élève un instrument d’optique plusgrossissant que la loupe commune ; les notions dont il s’estenrichi avant d'en venir là me sont une garantie de l’intérêtqu’il va prendre aux études ultérieures, et je ne crains pasqu’il se décourage, comme il l’eût fait si nous avions débutépar les organes élémentaires. Une simple loupe montée, àdeux lentilles de rechange, dont l’une a 4 millimètres, etl’autre seulement 1 millimètre de foyer, va nous suffire pourétudier dans nos cinquante types la composition intime de la.graine, le développement de l'ovule, les plantes crypto-games, les stomates, cellules, vaisseaux,, trachées, en unmot tous les éléments qui concourent à former le tissuvégétal.
Après ces recherches d’anatomie fine, nous observons,autant que le permet l’état actuel de la science, les phéno-mènes physiologiques, tels que la végétation, l’accroisse-
(1) J.-J. Rousseau, Lettres sur la l!ol<nii(ji/e.