323
celai des autres cantons? Si le degré deperfection d’une langue sert de mesure cer-taine pour juger de la culture du peuplequi la parle, le procès des Bàlois est toutinstruit. La littérature et la poésie leursont à présent aussi étrangères que l’Arabe,le Turc ou le Malai. La musique s’est intro-duite presque furtivement chez eux, et sises progrès pouvoient se combiner avec leurvertu dominante, l’économie, les disposi-tions naturelles, dont font preuve les ama-teurs, en petit nombre, qu’elle est parvenueà s’y faire, annoncent qu’elle ne tarderoit ày avoir une nombreuse et brillante cour.Bref, je ne pourrai jamais comprendrequ’une ville, aussi riche et aussi voisine dela France, persiste obstinément à ne compterpour rien l’éducation de sa jeunesse, et celasous le règne d’un homme de lettres, qui,comme je vous l’ai déjà observé, ne parleque de philantropie et ne respire que le bon-heur de l’espèce humaine. Son coeur neseroit-il donc pas d’accord avec sa langue?
Enfin, pour dernier trait, je vous dirai,que j’ai vu rarement un pays, où l’attache-ment et le respect filial ayent moins de forceque dans cette ville: ce qui, selon moi, doitêtre attribué à deux causes assez sensibles.
La