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IIde partie.
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Dès que le narrateur â achevé sa lecture, ilquitte son manteau ; et, ouvrant deux grandssacs placés à ses côtés, il en tire de chaquemain des pains assez gros qu’il lance de toutesa force sur le peuple empressé de les recevoir.Cette distribution s’est faite sans que personneen ait été tué à mon grand étonnement, etelle m’a donné la plus haute idée de la forcedes têtes du pays. Le pain ainsi distribuéest évalué cent livres de France; et c’estYHamann nouvel élu qui doit y fournir, ainsiqu’à d’autres étrennes dont la magnificencepeut bien aller presqu’à quarante livres. Ilest dédommagé de cette dépense par quel-ques revenus qu’on a attachés à sa chargevers la fin du seizième siècle, en remplace-ment d’un habit que lui devoit la ville, etd’une paire de culottes qu’étoit tenu de luidonner tout bourgeois qui se marioit. L’em-ploi d ’Hamann est très-ancien. Son titu-laire, qu’on change aujourd’hui tous les sixmois, représentoit jadis le chef du peuple,avoit le droit d’entrée au grand conseil, sanscependant en devenir membre, et jouissoitmême d’une certaine jurisdiction.

Les vieilles chroniques, qui aiment depréférence le fabuleux, donnent à cette lec-ture