qui' pourroit se passer, et pour en avertirincontinent le comité secret. Non-obstanttoutes ces précautions, jamais cette solem-rité n’a attiré si peu de foule, et jamais lepeuple n’y a fait preuve d’autant de froideurque cette année, à ce que m’assurent les per»sonnes qui en ont été témoins autrefois.
Les formes, dont on se sert ici dansl’installation des nouveaux baillis, sont à peu-prés les mêmes que celles usitées à Venisedans celle de nos capitaines et podestats,La grande différence que j’y trouve consisteen ce que, chez nous, tout se passe dans l’in-térieur d’un salon, au lieu que rien ne sefait ici qu’en présence de tout le peuple ras-semblé. Cette différence prend sa source,non dans la nature dé ces gouvernemens,tous deux aristocratiques et plus ou moinsentachés d’oligarchie; mais dans la positiondes deux états, qui est bien éloignée d’être lamême. Lucerne environnée de gouvernemensdémocratiques, où les habitans des campa-gnes sont sûrement plus libres, sans en êtresouvent plus heureux, se voit dans la néces-sité de ne laisser échapper aucune occasionde caresser les siens, et d’en imposer à leurimagination par l’appareil de cçs dehors flat-teurs ,