Band 
IIde partie.
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d’état, des mains duquel il rentre dans cel-les de l’Avoyer régent. Lorsque l’affaire àjuger est d’un grand intérêt, soit public, soitparticulier, les premières têtes du conseilsont assez dans l’usage de se réunir enespèce de comité, pour délibérer plus mûre-ment sur la manière de la terminer. Lessénateurs, auxquels il a été donné commu-nication du porte-feuille, manquent rarement,pour peu que l’objet en vaille la peine, deprévenir leurs amis et de leur faire adopterleurs opinions; ainsi presque toutes les affai-• res se trouvent à peu prés décidées avant quele sénat en ait eu aucune connoissance légale.Vous pensez bien, mon cher ami, qu’il y adans Lucerne, comme par-tout, plusieurs par-tis. Le dominant s’appèle ici la chaîne defer , et il ne fait pas mentir son nom. Aussil’on peut, sans presque jamais se tromper,préjuger de la tournure que prendra chaqueaffaire, par l’étendue, plus ou moins grande,des relations de la personne intéressée. On' fait ici un véritable commerce de suffrages paréchange; et cet échange ne se borne pas àrendre voix pour voix dans les diverses nomi-nations; il s’étend à des matières, où la mo-rale la plus relâchée seroit bien embarrasséede pouvoir, trouver la] moindre excuse. Je

m’ex-