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On trouve toutefois à Lucerne quelques per-sonnes instruites et avides de nouvelles con-noissances, dont l’exemple commence visi-blement à inspirer l’amour de l’étude et deslettres. On vient d’y former une bibliothè-que de société, dont je crois vous avoir ditun mot, et dont un membre du grand cot>seil, M. B...., que j'aime et estime infini-ment, peut être regardé comme le fondateur.Cet excellent homme, qui n’épargne ni soinsni dépenses pour faire fleurir cet établisse-ment, a pour lui-même un fort joli cabinetde livres très-bien assorti, sur-tout en meil-leurs auteurs de littérature anglaise; etcomme le goût des sciences est naturel à lafamille, son père, qui est un des hommes lesplus instruits de la Suisse, s’est aussi forméune collection intéressante en manuscriptsprécieux sur sa nation et principalement surLucerne. 11 y a encore ici plusieurs biblio-thèques dans les maisons religieuses; et avectous ce s secours, je puis vous dire qu’il nem’est pas encore arrivé d’avoir besoin d’unlivre, sans être parvenu à me le procurer.
Malgré ce qu’on s’est plu à dire du caractèreintéressé du peuple Suisse, je puis assurer queles habitans de cette ville font mentir le pro-verbe