85
do M. Sladien. Pour moi je crois que rien nepouvait plus arrêter le cours des évènemens etle plein accomplissement du projet de la coali-tion; cependant je dois avouer que les deux mi-nistres autrichiens avaient pour Napoléon des sen-timens personnels très-différens. Je ne crains pasde me mettre en avant trop en assurant que M. deMetternich, politique à part, aimait beaucoupBonaparte , qui l’avait comblé d’attentions et deprévenances, surtout pendant la duree de sonambassade à Paris ; je puis d’ailleurs citer à l’ap-pui de ce que j’avance un fait dont je garantisl’authenticité. Lors du mariage de Marie Louise,comme on en faisait compliment à M. de Met-ternicb, jl répondit: » On peut bien recevoir lecompliment d'avoir aidé à un acte qui a regul’approbation de quatre-vingts millions d’hom-mes.» Un pareil propos tenu ouvertement parle ministre instruit du cabinet de Vienne étaitbien fait pour caresser agréablement les oreillesde Napoléon ; cependant M. de Metternich dansses relations personnelles ne lui taisait pas lavérité, et je me rappelle en ce moment une ré-ponse qu’il lui fit à Dresde après quelque hési-tation : s Quant à vous, lui dit l'empereur, vousne me ferez pas la guerre ; cela est impossible ;non, vous ne pouvez pas vous déclarer contre