Band 
Dixième volume.
Seite
210
JPEG-Download
 

.210

de fois en masse contre lui. Quelque attache-ment que tu aies pour Bonaparte, tu ne peuxignorer la haine que lui portent les nations étran-gères et le mal qu’il leur axait fait. La craintede le voir de nouveau ravager l’Europe arme-rait une seconde fois tous les bras contre lui, etle succès des puissances .étrangères serait d’au-tant plus certain, qu’elles se trouveraient aujour-d'hui appuyées par une partie de la nation. Toiqui aimes par dessus tout la France, songe ausort qui pourrait la menacer, si la présence deBonaparte y amenait une seconde fois les étran-gers! Pourrais-tu te faire à l’idée du partage denotre belle France? — Cela ne se peut: ils nel'oseraient pas. Au surplus nous ne serons ja-mais d’accord sur la question de l’empereur etde tes Bourbons. Nous voyons trop différem-ment pour pouvoir en parler. Toi, tu as à teplaindre de Bonaparte, moi je n’ai qu’à m’enlouer; ainsi, brisons là dessus. Mais, dis-moi:que ferais-tu s’il revenait? — Si Bonaparte re-venait? — Oui. — Ma foi! ce que j’aurais demieux à faire ce serait de m’en aller au plusvite; et c’est ce que je ferais. Je suis trop bienconvaincu que jamais il ne me pardonnerait laconduite que j’ai tenue lors de la restauration,et je t’avoue franchement que je ne balancerai