Band 
Volumen quartum.
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DE P. P. STATIO. -j5

Les vers qui suivent, s’il faut les prendre à la lettre, ets’ils ne sont pas une de ces hyperboles familières à Juvénal,nous apprennent que Stace était pauvre, et qu’après avoiracquis bien de la réputation par sa Thèbaïde , il était obligéde faire des pièces de théâtre, et de les vendre à des comé-diens pour pouvoir vivre.

-.. sed quum fregit subsellia versu ,

Esurit, intactam Paridi nisi vendat Agaven.

Jules Scaliger prétend qu’il n’y a, ni parmi les anciens, niparmi les modernes, aucun auteur qui ait tant approché deVirgile que Stace, et il ne fait point difficulté de lui donnerla préférence sur tous les poètes héroïques, grecs et latins,soutenant qu’il fait de meilleurs vers qu’Homère même. Untel jugement marque bien que cet illustre critique n’avaitpas tant de justesse d’esprit que d’érudition : souvent l’unenuit à l’autre.

Stace, aussi bien que Lucain et Silius Italicus, a traitéson sujet plutôt en historien qu’en poète, sans s’attacber àce qui fait l'essence et la constitution d’un poème épique.Pour la diction et la versification , en cherchant trop à s’é-lever et à paraître grand, il donne dans l’enflure et devientampoulé.

La Harpe , Cours de Littérature , I re partie, ch. 4 ,

sec t. 2 .

La Thèbaïde de Stace, poème en douze chants, dont lesujet est la querelle d’Etéocle et de Polynice , terminée parla mort des deux frères, annonce , par son titre seul, unchoix malheureux. Quel intérêt peuvent inspirer deux scé-lérats maudits par leur père, ct accomplissant par leurs for-faits et par le meurtre l’un de l’autre cette malédiction qu’ils