DE P. P. STATIO. 51
Claudia , déjà veuve et mère, et dont la fille devint la sienne.Ceux qui ont supposé qu’il avait épousé la veuve de Lueain ,ont commis une erreur. Stace donne à ce premier épouxl’épithète canorus : c’était probablement un habile musicien.II trouva dans Claudia une compagne aimable et digue delui : elle l’aidait de ses conseils et de ses encouragemens dansle long et pénible travail de sa Thébaïde, qu’il n’acheva qu’aubout de douze ans. Mais il eut, avant ce temps, la satisfactionde faire jouir son père de ses brillans succès. Comme lui, etsous ses yeux , il mérita la palme dans les combats de poésie,à Naples ; et, Rome, les lectures publiques des premierschants de son poème charmaient un auditoire nombreux etchoisi. On les attendait avec impatience , on y courait enfoule , ainsi que l’attesle Juvénal, dont on aurait tort d’in-terpréter en un sens ironique le passage relatif à ces lectures :pour peu qu’on examine la suite des idées , on est convaincuqu’il parle sérieusement. Les soins que Stace donnait à songrand ouvrage , le firent échouer dans les jeux eapitolins,qui commencèrent l’an 85g de Rome , 86 de l’ère chré-tienne ; et son père, qui fut témoin de son échec, ne putl’être des trois victoires qu’il remporta ensuite dans les con-cours annuels des fêtes de Minerve , sur le mont d’Albe,concours institués par Domitien , comme ceux du Capitole.Le vieillard mourut peu de temps après les jeux eapitolins,ìi l’àge de soixante-cinq ans, et cette perte fut sentie bienvivement par notre poète, à qui la douleur fit interromprependant trois mois son commerce avec les muses, et quine le reprit que pour épancher ses regrets et pour offrir unpieux tribut à la mémoire de son père. Stace versifiait avecune facilité rare qui approchait de Pimprovisation ; c’est lui-mênie qui l’atteste. II se servit de ce talent pour entretenirles liaisons d'amitié qu’il avait contractées dans l’école de son