Band 
Volumen quartum.
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TESTIMONIA ET JUDICIA

père , et pour en former de nouvelles. Les événemeus quiintéressaient la gloire, ou le bonheur, ou la fortune de sesamis, lui inspirèrent des poèmes dont se composa ensuite lerecueil des Silves. II savait prendre tous les tons et embellirtous les sujets. Dans ces ouvrages, animés presque tous pardes formes dramatiques, l’élégante souplesse de la dictionle dispute à l’abondance des idées ingénieuses, et ils fontautant d’honneur à son cœur qu’à son esprit : il s’y montrebon fils, excellent époux, ami empressé, écrivain modesteet sans jalousie, autant que gracieux et fécond ; enfin il re-jaillirait de ses écrits sur son nom un lustre sans tache, si lacollection ne contenait les pièces dédiées à Domitien. Onsouffre de le voir prodiguer à un tel monstre les plus extra-vagantes hyperboles de Padulation la plus servile. La raison ,en ce moment, abandonne Stace en même temps que lesentiment de sa dignité. Avec quel mépris Tacite et Plinelisaient-ils de pareils vers ? Pourquoi un si honnête hommeeut-il une si honteuse faiblesse? On a tâché de l’excuser, enmettant ses flatteries sur le compte de la reconnaissance.Domitien l’avait couronné aux jeux albains ; Domitien luidonna une propriété dans la campagne d’Albe ; Domitienl’admit à la table impériale , ou , selon le langage de la courdes Césars, à la table sacrée, sacras epulas. C’était un hon-neur insigne, pour ceux qui y voyaient un honneur, de dîneravec le maître , avec le Dieu. Stace en fut ébloui, et, dansle remercîment qu’il lui adresse , il exprime avec une naï-veté risible sa puérile admiration pour la magnificence dupalais et la pompe du festin. On peut présumer qu’il futprésenté par quelque courtisan , peut-être un de ses ancienscondisciples, peut-être le pantomime Paris, favori toutpuissant, auquel il vendit une tragédie intitulée Agavé. IIétait pauvre : le chemin glissant de l’ambilion lui fut ouvert ;