Band 
Volumen quartum.
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5t TESTIMONIA ET JUDICIA

resse qui afflige l’armée des Croisés, est pareille au fléau quidésole l’armée des Grecs. Dante lui-môme, malgré son ado-ration pour Virgile, ne dédaignait pas laThébaïde; et la ven-geance d’Ugolin a bien l’air d’être une réminiscence de la ragede Tydée à ses derniers momens. II serait facile de multiplierces rapprocbemeus , qui sont le plus bel éloge de Stace. Ondoit de plus observer que la Tliébaïde fut la première ten-tative de sa jeunesse, et que le début est ce qu’il y a de plusmal écrit et de plus vicieux dans tout l’ouvrage. Mais, qu’onsurmonte ce premier dégoût, et bientôt faction devient at-tachante. II a su rendre Polynice intéressant, dessiner for-tement les autres caractères, grouper avec art les person-nages , et donner du mouvement, de la vie et de la chaleurà tout son tableau. Les descriptions de plusieurs batailles ,celle de révocation des mânes, la vision d’Ëtéocle, portentla terreur à son comble ; tandis que toute l’énergie du pa -thétique le plus touchant se déploie dans les douleurs d’ An-tigone, de Jocaste, d’Argie, d’ Atalante et d’Hypsipyle ; dansles récits de la mort de Partliénopée, de celle d’Athys et decelle de Ménécée. Le P. Lapin dit que Stace faisait consisterla poésie dans les mots plutôt que dans les choses, et queses vers retentissent à l’oreille , mais qu’ils ne parviennentjamais jusqu’au cœur. 11 faut croire que le P. Lapin avaitparcouru la Thebaide bien légèrement, ou que l’accès deson cœur était bien difficile. Si l’on voulait avoir la mesurede la llexibilité du talent poétique de Stace , il faudrait com-parer le palais du Sommeil au temple de Mars , les jeux del’armée grecque au massacre de Lemnos , l’héroïsme un peuenfantin de Partliénopée à la férocité du gigantesque Hippo-medon. Nous ne parlons point de la richesse ni de la viva-cité des comparaisons : ses détracteurs ne contestent pas sonmérite éminent dans ce genre. En un mot, il nous .semble