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il s’y laissa conduire, et y tomba: car les succès en ce genresont des chutes. Le festin de l’enipereur et la maison d’Albefurent trop chèrement payés. Ses petits poèmes , dont lescopies circulaient dans le monde, et les lectures de sa The-baide , lui avaient acquis de la célébrité, lorsqu’il la publia ,non sans trembler. II avait alors trente-un ans ; elle lui avaitcoûté douze années de veilles assidues , Bissenos vigilataper annos , multa cruciata lima. Chose étrange! peut-ètreest-ce l’excès même de ce soin qui fut cause des principauxdéfauts de style qu’on reprend dans cet ouvrage. La dictiondes Silves est plus harmonieuse, plus correcte et plus pureen général. Dans ces pièces, la plupart improvisées, l’auteuréchappait souvent, par la rapidité de la composition, à tousles genres d’affectation qui caractérisent le langage de cetteépoque : le premier élan de son imagination le portait sansefforts vers le beau, et sa négligence l'empéchait de subti-liser dans la recherche des pensées, et de tourmenter lesexpressions ; il n’avait pas le temps de n’ètre pas naturel.L’influence du siècle se fait plus sentir dans la Thébaïde ;mais, quelles que soient les imperfections de cet ouvrage ,on serait bien trompé, si l’on s’en rapportait au jugement deplusieurs critiques trop prévenus , qui ne veulent rien souf-frir après Virgile et Horace , et qui n’ont cru voir dans cetauteur que bouffissure, obscurité, roideur ct dureté. Les plussévères sont peut-ètre ceux qui avaient le moins lu sonpoème. La Harpe l’a condamné en six lignes par une épi-gramme ; mais le Tasse l’a pris en plusieurs endroits pourmodèle. Les traits d’ Adraste , de Tydée et de Capanée , sereconnaissent dans les figures d’Aladin, de Soliman et d’Ar-gant; le conseil infernal de la Jérusalem Délivrée rappellel’assemblée des divinités de l’Erèbe autour de Pluton , lors-qu’ Amphiaraus tombe tout vivant chez les morts; la sèche-
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