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[Vol. 1.]
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LIVRE PREMIER.

Nov. U», après tout, la cause de la justice et de la raison, et elle inspi-rait encore rattachement qu’une grande cause inspire toujours.Elle avait d’ailleurs de nombreux intéressés, liés à son sort,dans tous ceux qui avaient acquis des situations nouvelles,acheté des biens d’émigrés, ou joué un rôle compromettant.Enfin la nation n’était pas assez épuisée, moralement et phy-siquement, pour se résigner à voir les Autrichiens et lesRusses envahir son territoire. Elle s’indignait, au contraire,à cette idée; ses armées fourmillaient de soldats, d’officiers,de généraux admirables, qui n’avaient besoin que d’une bonnedirection. Toutes ces forces étaient prêtes à se réunir spontané-ment dans une seule main, si cette main était capable de les diri-ger. Les circonstances favorisaient donc l’homme de génie qui al-lait se présenter, et le génie lui-même a besoin des circonstances.

Que le jeune Bonaparte, par exemple, se fût offert en 1789,

Avantageoffert par les

circonstances même avec ses talents et sa gloire, pour saisir la société fran-

génerai jiona- çaise, tendant alors de toutes parts à se dissoudre, parce que

parte.

1 "s éléments en étaient devenus incompatibles, il aurait eu beau

la serrer dans ses bras puissants, ses bras d’homme n’auraientrien pu contre les forces de la nature. Aujourd’hui, au con-traire, que cette vieille société, brisée comme il fallait qu’ellele fût avant d’être refaite sur un modèle nouveau, ne présen-

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t -/‘ *■* • tait plus que des éléments .épars, mais tendant eux-mêmes à

se rapprocher, elle allait se prêter à tous les efforts de la mainhabile qui saurait s’en saisir. Le général Bonaparte avait doncpour lui et son génie, et la faveur des circonstances. Il avaittoute une société à organiser, mais une soicété qui voulait êtreorganisée, et qui voulait l’être par lui, parce qu’elle avait enlui une confiance immense, inspirée par des succès inouïs.

Pouvoirs La loi qui décrétait le Consulat provisoire, attribuait aux'|iVo»is"irës! trois consuls de vastes pouvoirs. Cette loi les investissait de

et des

Commissions

législatives.

la plénitude du pouvoir directorial; les chargeait spéciale-

ment de rétablir l’ordre dans tordes les parties de l’administra-tion. de rétablir la tranquillité intérieure, et de procurer à