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LIVRE PREMIER.
c avec l’Europe : c’était là le meilleur des apprentissages dans' ■ l’art de gouverner. Pour les esprits supérieurs, mais pour ces
esprits seulement, la guerre est une excellente école : on yapprend à commander, à se décider, et surtout à administrer.Aussi le nouveau consul parut-il avoir sur toutes choses, ouune opinion faite, ou une opinion qui se faisait avec la rapi-dité de l’éclair, surtout après avoir entendu les hommes spé-ciaux, qui étaient les seuls qu’il écoutât, et uniquement surl’objet qui concernait leur spécialité.
Un genre de connaissance, fort regrettable dans l’exercicede l’autorité suprême, lui manquait alors, c’était la connais-sance, non pas des hommes, mais des individus. Quant auxhommes, en général, il les connaissait profondément; mais,ayant toujours vécu aux armées, il était étranger aux individusqui avaient figuré dans la Révolution. 11 y suppléait en s’ai-dant du témoignage de ses collègues. Mais, grâce à une pé-nétration rapide, à une mémoire prodigieuse, il allait connaî-tre bientôt le personnel du gouvernement, aussi bien quecelui de son armée.
Après cette première conférence, les rôles étaient pris etacceptés. Le jeune général, sans attendre l’avis de ses collè-gues, donnait le sien à l’instant même, résumait et réglait cha-que affaire, avec la décision d’un homme d’action. Il était évidentque l’impulsion allait partir de lui seul. On se relira après êtreconvenu des choses les plus urgentes à faire; et M. Sieyès, avecune résignation qui honore sa raison et son patriotisme, dit lesoir à MM. de Tallevrand et Rœderer : Nous avons un maître
No»-. 179a. fauteuil et délibérons. — Le général Bonaparte le prit à l’in-stant môme. Cependant les actes des consuls provisoires neportèrent aucune mention d’un président. On fit un premierexamen sommaire de la situation. Le jeune Bonaparte igno-rait encore beaucoup de choses, mais il devinait celles qu’ilne savait pas. Il avait fait la guerre, pourvu à l’entretien d’ar-mées nombreuses, administré des provinces conquises, négocié