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[Vol. 1.]
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LIVRE PREMIER.

js ov. 1799. faisait apporter, par les divers ministres, l’état de leursdépenses nécessaires; il le plaçait en regard de l’état des re-cettes probables, fourni par le trésor, et faisait, en proportiondes besoins de chacun, la distribution des ressources réelles.Il ne disposait donc que de ce qu’on était certain de percevoir,et, grâce à cette fermeté, le principal abus, celui des déléga-tions, devait bientôt disparaître.

Ressources des En attendant la confection des rôles, leur mise en recouvre-

premiers . , . _ 7Ï . . ,

moments, en at- ment, la remise au trésor et 1 escompte des obhqations des re-tendant rétablis-sement du nou- ceveurs généraux, on avait pour vivre, outre les 12 millions

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prêtés par quelques banquiers, le versement des nouveauxcautionnements, la négociation aux gens d’affaires des valeursrécemment créées, enfin la perception courante, dont, touteimparfaite qu’elle était, on avait vécu jusque-là. La confiancedont les consuls provisoires étaient investis, ramenait les gensd’affaires, et on trouvait à négocier auprès d’eux les valeursnouvelles, qui, quelques jours auparavant, n'auraient été ac-ceptées par personne.

Premiers C’est avec ces moyens réunis, qu’on put venir au secoursaux troupes, des armees nues et affamées, et leur procurer un premiersoulagement, dont elles avaient un urgent besoin. Le désordreétait si grand qu’il n’y avait pas même au ministère de laguerre des états des troupes, de leur mombre et de leur em-placement. Le bureau de l’artillerie était le seul qui possédâtdes états de ce genre, pour les troupes de son arme. Maiscomme on ne nourrissait pas et qu’on n’habillait pas l’armée,comme les bataillons de conscrits levés dans les départements,et équipés avec des bons de fournitures, avaient été le plussouvent organisés sans l’intervention de l’autorité centrale,celle-ci ne savait presque rien de ce qui les concernait. Legénéral Bonaparte fut obligé d’envoyer des officiers d’état-ma-jor sur les lieux, pour se procurer les documents qui lui man-quaient. Il adressa en même temps aux divers corps d’arméequelques secours, mais fort insuffisants par rapport à l’éten-