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[Vol. 1.]
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CONSTITUTION DE L'AN VIII.

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d’un vif intérêt. Ces malheureux, placés entre les horreurs du Nov. nw.naufrage et la rigueur des lois sur l’émigration, n’avaient pashésité à se jeter sur le rivage de France, n’imaginant pas queleur patrie pùt être aussi cruelle envers eux que la tempête.

Les partisans des mesures de rigueur disaient, et la choseétait à peu près certaine, que ces émigrés allaient en Vendée,pour y prendre part au renouvellement de la guerre civile, etils en concluaient qu’il fallait leur appliquer les lois terriblesdu temps contre l’émigration. Mais l’humanité publique, heu-reusement réveillée, répugnait à une telle manière de raison-ner. La question avait été plusieurs fois résolue en senscontraire. Les nouveaux consuls firent décider que ces émi-grés seraient élargis, mais transportés hors du territoire dela République. Parmi eux on comptait quelques membres desplus grandes familles de France, et notamment ce duc deChoiseul, que nous avons toujours trouvé depuis, au nombredes constants amis d’une liberté sage, la seule que les honnê-tes gens puissent aimer et défendre.

Les actes que nous venons de rapporter, furent universel-lement applaudis. Admirez la différence qu’il peut y avoirentre un gouvernement et un autre ! Émanant du Directoire,ces actes auraient été qualifiés d’indignes concessions, faitesau parti de l’émigration : émanant du nouveau gouvernementconsulaire, à la tète duquel figurait un général illustre, dont laprésence, quelque part qu’il se trouvât, faisait naître tout desuite l’idée de la force, ces actes étaient pris pour les signesd’une politique forte et modérée. Tant il est vrai que, pourêtre modéré avec honneur et avec fruit, il faut être puissant!

Dans ce premier moment, la politique des consuls provi- FiUlte et rigueursoires ne manqua de sagesse qu’à l’égard du parti révolution- parti revolutiou-

• /a, . iii nuire.

mure. Lest avec ce parti qu’on avait eu à lutter, dans lesjournées récentes des 18 et 19 brumaire. C’est contre lui na- ,turellement qu’on éprouvait de l’irritation et de la défiance, ,et, au milieu de ces actes d’une politique conciliante et répa-