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[Vol. 1.]
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LIVRE PREMIER.

Nov. 1799. l’ordre menacé, ici par les Vendéens en armes, là par les ré-volutionnaires exaspérés de la révolution du 18 brumaire.

La première mesure politique des nouveaux consuls fut re-lative à la loi des otages. Cette loi, qui rendait responsablesles parents des Vendéens et des chouans, des actes commisdans les provinces révoltées, frappait les uns de détention, lesautres de déportation. Elle partageait avec la loi de l’empruntforcé progressif, et à bien plus juste litre, l’animadversion pu-blique. Il fallait, en effet, les passions aveugles de ce temps,pour qu’on osât rendre les parents des insurgés, responsa-bles d’actes qu’ils n’avaient pas commis, bien qu’ils en sou-haitassent le succès. Les consuls agirent à l’égard de cette loicomme ils avaient agi à l’égard de , la loi de l’emprunt forcéprogressif : ils en proposèrent la révocation aux commissionslégislatives, qui la prononcèrent sur-le-champ. Le général Bo-naparte alla lui-même à la prison du Temple, où beaucoup deces otages étaient détenus, pour briser leurs fers de ses mainsglorieuses, et recueillir ces nombreuses bénédictions, qu’in-spira si constamment et si justement, le pouvoir réparateurdu Consulat.

Élargissement A cette mesure s’en joignirent d’autres du même genre, qui

des prêtres. . '

marquaient d un caractère tout à fait pareil, la politique desconsuls provisoires. Beaucoup de prêtres, bien qu’ils eussentprêté à la constitution civile du clergé le serment, qui étaitdevenu l’origine du schisme, avaient été cependant persécu-tés. Ces prêtres, qu’on qualifiait du titre d'assermentés, setrouvaient, les uns cachés ou fugitifs, les autres détenus auxîles de Ré et d’Oléron. Les consuls ordonnèrent l’élargisse-ment de ceux qui étaient encore détenus. Cette mesure de-vait faire rentrer en France ou reparaître au jour, tous lesprêtres de la même classe, qui avaient cherché leur salut dansla fuite ou la retraite.

î-.-s miuiragmt lie Plusieurs émigrés, naufragés dans les environs de Calais,étaient depuis quelque temps, pour l’opinion publique, l’objet