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Un seul acte de résistance, non point par la force, maispar les moyens légaux, fut opposé au -18 brumaire. Le pré-sident du tribunal criminel de l’Yonne, le nommé Barnabé,renouvelant l’exemple des anciens parlements, refusa d’enre-gistrer la loi du 19 brumaire, constitutive du gouvernementprovisoire. Ce magistrat, déféré aux commissions législatives,, lut accusé d’avoir forfait à ses dëvoirs, suspendu, et éloignéde son siège. 11 subit du reste sa condamnation avec soumis-sion et dignité.
La prompte lin de ces tentatives de résistance, permit augouvernement de revenir sur une mesure, qui était en con-tradiction avec sa sage politique. Sur un rapport du ministrede la justice Cambacérès, portant que l’ordre était rétablidans les. départements, que les lois s’exécutaient partout sansobstacle, la déportation prononcée contre trente-huit indi-vidus, et la détention à La Rochelle contre dix-huit autres,furent changées en simple surveillance. La surveillance ellc-inéme fut bientôt supprimée.
Cet acte avait été bientôt effacé par la suite des actes sen-sés , habiles et vigoureux, qui signalaient le nouveau gouver-nement. La Vendée à son tour avait attiré toute son attention.Une récentejevée de boucliers venait d’y être essayée, versla fin du Directoire. Mais l'avénement du général Bonapartechangeait complètement la face des choses, et la direction desesprits dans toutes les parties de la République. Les chefs dela nouvelle insurrection royaliste avaient été excités à prendreles armes, autant par les dernières rigueurs du Directoire,que par l’espérance du renversement prochain de ce gouver-nement. Mais, d’une part, la révocation de la loi des otages,l’élargissement des prêtres, la vie accordée aux émigrés nau-fragés, ramenaient les esprits à la conciliation ; et, d’autre part,la présence au pouvoir du général Bonaparte, faisait évanouirl’espérance de voir tomber en dissolution l’ordre de chosessorti de la Révolution. Le 18 brumaire avait donc modifié