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LIVRE PREMIER.
d«'c. 1799 . la guerre n’élait qu’une question de finances, avait résolucette question pour elle-même, en établissant l'income-tax,qui donnait déjà d’abondants revenus. Elle voulait donc con-tinuer les hostilités pour avoir le temps de prendre Malte,qu’elle bloquait, et de réduire, en la bloquant aussi, l’arméefrançaise d’Égypte. L’Autriche, en possession de toute l’Italie,voulait tout risquer plutôt que de rendre cette conquête. Mais
irritation de le chevaleresque Paul L' r , qui s’était jeté dans la guerre par
Paul l<*r contre
ia coalition. une inspiration de son fol enthousiasme, venait de voir sesarmes humiliées à Zurich, et il en avait conçu un vif ressen-timent contre tout le monde, mais surtout contre l’Autriche.On lui avait persuadé que celle-ci était la cause unique de cemalheur, car ses soldats, devant, en vertu d’un mouvementconvenu, se porter sur le Rhin, et céder la Suisse aux Russes,avaient abandonné trop tôt la position de Zurich, laissé Korsa-koff exposé seul aux coups de Masséna, qui, vainqueur deKorsakoff, avait eu ensuite bon marché de Suwarow. Paul I ervoyait là un acte de mauvais allié, peut-être une perfidie.La défiance une fois excitée, tout devait lui apparaître sous unjour fâcheux. 11 n’avait pris, disait-il, les armes que pourprotéger les faibles contre l’oppression des forts, et replacersur leurs trônes les princes que la République française enavait précipités. Or, l’Autriche avait partout arboré son dra-peau en Italie, et n’avait rappelé dans cette contrée aucundes princes détrônés. Il commençait à se dire qu’agissant pargénérosité pure, il était dupe d’alliés qui agissaient unique-ment par intérêt. 1 Mobile à l’excès, il se livrait à ces nouveauxsentiments, aussi violemment qu’il s’était d’abord livré auxsentiments contraires. Un dernier fait l’avait exaspéré auplus haut point: c’était le pavillon russe abattu à Ancône, etremplacé par le pavillon autrichien. Ce n’était là que le tortd’un officier inférieur; mais ce tort, quel qu’il fût, avait étésenti très-vivement.
Les sentiments des princes absolus, malgré leurs préten-