LIVRE PREMIER.
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nec. itou. dre. Enfin, la dernière et troisième liste, de cinq à six milleindividus, constituait la liste de la notabilité nationale, et on
. devait y prendre, obligatoirement, tous les membres du Corpslégislatif, tous les fonctionnaires d’un ordre élevé, conseillersd’Etat, ministres, juges du tribunal de cassation etc., etc.M. Sieyès, empruntant une figure à la géométrie pour donnerune idée exacte de cette représentation nationale, large à labase, étroite au sommet, l’appelait une pyramide.
On voit que, sans attribuer à la nalion le droit de désignerelle-même les mandataires chargés de la représenter, ou lesfonctionnaires chargés de la gouverner, M. Sieyès réduisaitson rôle à former une liste de candidats, dans laquelle on de-vait puiser à la fois les représentants du pays, et les agentsdu gouvernement. Chaque année la masse des citoyens de-vait se réunir pour exclure de ces listes, les noms qui n’étaientplus dignes d’y figurer, et pour les remplacer par d’autres.Il est à remarquer que si, d’une part, ce pouvoir de désigna-tion était fort indirect, de l’autre il embrassait non-seulementles membres des assemblées délibérantes, mais les fonction-*naires exécutifs eux-inômes. C’était moins et plus que ce quiexiste ordinairement dans le sytème représentatif monarchi-que. Toutefois les agents appelés à remplir des fonctions toutà fait spéciales, et qui ne supposent aucune confiance politi-que, tels que les comptables, par exemple; ou bien les agentsappelés à remplir des fonctions tellement difficiles, que le mé-rite, quand il se rencontre, doit être pris quelque part qu’onle trouve, comme les généraux et les ambassadeurs, ces agentsn’étaient pas choisis obligatoirement sur les listes de notabilité.
Nous venons de montrer comment M. Sieyès, suivant samaxime, faisait venir la confiance d’en bas: nous allons exposermaintenant comment il faisait descendre le pouvoir d'en haut.
Sous l’empire des impressions du moment, il redoutait l’é-lection, parce qu’il venait de voir des électeurs passionnés, nom-mer des représentants aussi passionnés qu’ils l’étaient eux-