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CONSTITUTION DE L'AN VIII.

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sous le Directoire. L’élection directe, mais restreinte, comme Dec. uyy.elle existe aujord’hui parmi nous, était donc hors de toutesles combinaisons. M. Sieyès, avec son dogmatisme habituel, .s’était fait une maxime: «La confiance, disait-il, doit venird’en bas, et le pouvoir d’en haut.» Il avait donc imaginé, pourréaliser cette maxime, le système de représentation nationaledont on va lire l’exposé.

Tout individu âgé de vingt et un ans, ayant la qualité de Liste» <ie nuta-

bilite.

Français, était obligé, s’il voulait jouir de ses droits, de se faireinscrire sur un registre qu’on appelait registre civique. Celapouvait former un nombre de cinq ou six millions de citoyens,admis à exercer leurs droits politiques. II devaient se réunirpar arrondissement (cette circonscription, qui n’existait pasencore, allait être proposée), et désigner le dixième d’entreeux. Cette désignation du dixième devait donner une pre-mière liste de cinq à six cent mille individus. Ces cinq à sixcent mille individus se réunissant à leur tour par département,et choisissant encore le dixième d’entre eux, étaient appelésà former une seconde liste, forte de cinquante à soixante millecitoyens. Ceux-ci faisant enfin un dernier triage, et se rédui-sant encore au dixième, formaient la dernière liste, qui setrouvait restreinte à cinq ou six mille candidats. Ces troislistes s’appelaient listes de notabilité.

La première, de cinq à six cent mille individus, s’appelaitla liste de la notabilité communale ; on devait y prendre lesmembres des administrations municipales, ceux des conseilsd’arrondissement, et les administrateurs qui leur correspon-daient, tels que les maires, les fonctionnaires que nous appe-lons aujourd’hui sous-préfets, les juges de première instanceetc. La seconde liste, de cinquante à soixante mille individus,s’appellait la liste de la notabilité départementale, et c’étaitdans celle-là quil fallait choisir les membres des conseils dedépartement, les fonctionnaires appelés depuis préfets, les ju-ges d’appel etc., en un mot tous les fonctionnaires de cet or-