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1,1V II K PREMIER.

n*. 1793. comprendre ce qu’il y avait de profond dans cette conception,et pour saisir l’analogie qu’elle présentait avec le roi de lamonarchie anglaise. Mais le général Bonaparte, eût-il-arrêtéson esprit à considérer la question sous ce rapport, n’en au-rait voulu à aucun prix, par des motifs tout personnels, et fa-ciles à comprendre. 11 fit avec verve la critique de ce Grand-Électeur. Il dit, sur sa riche oisiveté, ce que disent tous lesrois, seulement, avec moins d’esprit que lui, et moins de fon-dement, car en présence d’une société bouleversée à réorga-niser, de factions sanguinaires à soumettre, du monde à vaincre,il était excusable de vouloir se réserver l’emploi tout en-tier de son génie. Mais si dans ces premiers jours du Con-sulat, où tant de choses étaient à faire, il avait peut-être rai-son de ne pas laisser enchaîner ses talents, depuis, sublimeinfortuné à Sainte-Hélène, il à dû regretter la liberté qui luifut donnée de les exercer sans mesure. Gêné dans l’emploide ses facultés, il n’aurait pas sans doute accompli d’aussigrandes choses, mais il n’en aurait pas tenté d’aussi exorbi-tantes, et probablement ; son sceptre et son épée seraientrestés, jusqu’à sa mort, dans ses glorieuses mains.

— Votre Grand-Électeur, dit-il à M. Sieyès, est un roi fai-néant, et le temps des rois fainéants est passé. Quel estl’homme d’esprit et de cœur, qui voudrait subir une telleoisiveté, au prix de 6 millions, et d’une habitation aux Tuile-ries? Quoi! nommer des gens qui agissent, et ne pas agirsoi-même! c’est inadmissible. Et d’ailleurs vous croyez parce moyen réduire votre Grand-Electeur à ne pas se mêler dugouvernement? Si j’étais ce Grand-Électeur, je me chargeraisbien de faire encore tout ce que vous ne voudriez pas que jefisse. Je dirais aux deux eonsuls de la paix et de la guerre :Si vous ne choisissez pas tel homme, ou si vous ne prenez pastelle mesure, je vous destitue. Et je les obligerais bien de mar-cher à ma volonté. Je redeviendrais le maître par nn détour.—Ici, le général Bonaparte lui-même, avec sa sagacité ordi-