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ADMINISTRATION INTÉRIEURE. 103
au cœur des souverains eux-mêmes, les flatter ou les embar- Déc. no». .rasser. En conséquence, au lieu de faire parvenir des notes àlord Grenville, ou à M. de Thugut, il écrivit directement auroi d’Angleterre et à l’empereur d’Allemagne, deux lettres,que les ministres de ces cours furent chargés de transmettreà leurs souverains.
La lettre destinée au roi d’Angleterre était ainsi conçue :
Paris, 5 nivôse an vm (26 décembre 1799.J
« Appelé, Sire, par le vœu de la nation française à occuper Lettre au roi
r r 1 7 r ^ d’Angleterre
« la première magistrature de la République, je crois conve-« nable, en entrant en charge, d’en faire directement part à« Votre Majesté.
« La guerre qui, depuis huit ans, ravage les quatre parties« du inonde, doit-elle être éternelle? n’est-il donc aucun moyen« de s’entendre ?
« Comment les deux nations les plus éclairées de l’Europe,
« puissantes et fortes plus que ne l’exigent leur sûreté et leur« indépendance, peuvent-elles sacrifier à des idées de vaine« grandeur, le bien du commerce, la prospérité intérieure, le« bonheur des familles ? comment ne sentent-elles pas que la« paix est le premier des besoins, comme la première des gloires ?
«Ces sentiments ne peuvent pas être étrangers à Votre«Majesté, qui gouverne une nation libre, et dans le seul but« de la rendre heureuse.
«Votre Majesté ne verra dans cette ouverture, que mon« désir sincère de contribuer efficacement, pour la seconde« fois, à la pacification générale, par une démarche prompte,
« toute de confiance, et dégagée de ces formes, qui, nécessaires« peut-être pour déguiser la dépendance des Étals faibles, ne« décèlent dans les États forts, que le désir mutuel de se tromper.
«La France, l’Angleterre, par l’abus de leurs forces, peuvent« long-temps encore, pour le malheur de tous les peuples, en«retarder l’épuisement; mais, j’ose le dire, le sort de toutes