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LIVRK II.
Janv. 1800.
Projet du gou-vernement sur lemode de discus-sion des lois. —Attaquas contrece projet.
où ont été conçus les crimes qui ont ensanglanté la Révolu-tion. Je suis loin de m’applaudir, quant à moi, du choixqu’on a fait de ce palais pour y fixer le lieu de nos séances ;je le regrette, au contraire ; mais, du reste, les souvenirs qu’ilrappelle sont heureusement loin de nous. Le temps des ha-rangues véhémentes, des appels aux groupes séditieux duPalais-Royal, est passé. Toutefois, si certaines déclamationsne peuvent plus nous perdre, elles peuvent encore retarderle retour au bien. En retentissant de cette tribune dans Paris,de Paris dans toute l’Europe, elles peuvent alarmer les es-,prits, fournir des prétextes, et retarder cette paix que nousdésirons tous!... La paix, ajoutait M. de Girardin, la paixdoit préoccuper sans cesse notre pensée; et, quand nousaui'ons toujours présent ce grand intérêt, nous ne nous per-mettrons plus des expressions semblables à celles qui l’autrejour ont échappé à l’un de nos collègues, et qu’aucun de nousn’a relevées parce qu’elles étaient sans application, car nousne connaissons point d’idole en France. »
L’orateur termina ce discours en demandant que chaquetribun fit la déclaration suivante : Je promets de remplir avecfidélité les fonctions que la Constitution m’a attribuées.
Cette proposition fut adoptée. M. Duveyrier, fâché du scan-dale produit par son discours, tâcha de s’excuser, et voulûtêtre le premier à faire la déclaration dont M. de Girardinavait donné l’idée. Tous les membres du Tribunat s’empres-sèrent de la répéter après lui.
L’effet de celte première scène fut donc un peu réparé. LePremier Consul en conçut néanmoins pour le Tribunat uneaversion insurmontable, qu’il aurait éprouvée, du reste, pourtoute assemblée libre, usant et abusant de la parole. Il fit in-sérer dans le Moniteur , des observations très-amères sur lestribuns de France et les tribuns de Rome.
Les séances suivantes amenèrent de nouvelles manifesta-tions, tout aussi regrettables que les précédentes. La pre-