ADMINISTRATION 1N T K R1E U R K .
127
nés à cette modération, qui faisait alors le caractère essentiel Janv. isuo.de sa politique. Il appela aux préfectures, qui étaient desplaces importantes et bien rétribuées, car les préfets devaientrecevoir 12, 1o et jusqu’à 24 mille francs d’appointements (cequi valait le double de ce que de tels appointements vau-draient aujourd’hui), il appela des personnages qui avaientfiguré honorablement dans les grandes assemblées politiques,et qui faisaient ressortir clairement l’intention de ses choix,car les hommes, s’ils ne sont ni les choses, ni les principes,les représentent du moins aux yeux des peuples. Le PremierConsul nomma à Marseille, par exemple, M. Charles Lacroix,ex-ministre des relations extérieures ; à Saintes, M. Français,de Nantes; à Lyon, M. Verninhac, ancien ambassadeur; àNantes, M. Letourneur, ancien membre du Directoire; àBruxelles, M. de Pontécoulant; à Rouen, M. Beugnot; à Amiens,
M. Quinettc; à Gand, M. Faypoult, ancien ministre des finan-ces. Tous ces hommes, et d’autres, qu’on allait chercher dansla Constituante, la Législative, la Convention, les Cinq-Cents,qui étaient pris parmis les ministres, les directeurs, les am-bassadeurs de la République, étaient faits pour relever lesnouvelles fonctions administratives, et donner au gouverne-ment des provinces l’importance qu’il mérite d’avoir. La plu-part ont occupé leurs places pendant tout le règne du Pre-mier Consul et de l’Empereur. L’un d’eux, M. de Jessainl,était préfet encore il y a quatre ans. Le Premier Consul choi-sit pour la préfecture de Paris M. Frochot. 11 lui donna, commecollègue à la préfecture de police, M. Dubois, magistrat dontl’énergie fut utile, pour purger la capitale de tous les malfai-teurs, que les parfis avaient vomis dans son sein.
Le même esprit présida aux nominations judiciaires. Desnoms honorables, pris dans l’ancien barreau, dans l’anciennemagistrature, furent mêlés autant que possible à des nomsnouveaux, portés par des gens honnêtes. Quand il put ornerce personnel de noms éclatants, le Premier Consul n’y man-