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[Vol. 1.]
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LIVRE II.

.lanv. 1800.

Clôture

de la liste desdmigrds.Dispositionslégales à l’egardaes émigrés,inscrits ou noninscrits.

qua pas, car il aimait l’éclat en toutes choses, et le momentétait venu où l’on pouvait, sans trop de danger, faire desemprunts au passé. Un magistrat du nom de d’Aguesseauouvrait la liste des nominations judiciaires, en qualité de pré-sident du tribunal d’appel de Paris, aujourd’hui cour royale.Ces fonctionnaires à peine nommés, avaient ordre de partir àl’instant même pour aller prendre possession de leurs sièges,et contribuer chacun de leur côté, à l’œuvre de réorganisa-tion, dont le jeune général faisait son occupation constante,dont il voulait faire sa gloire, et qui, même après ses prodi-gieuses victoires, est restée, en effet, sa gloire la plus solide.

11 fallait toucher à tout en même temps, dans cette sociétébouleversée de fond en comble. L’émigration, à la fois si cou-pable et si malheureuse, juste objet d’intérêt et d’aversion,car dans ses rangs se trouvaient des hommes cruellementpersécutés, et de mauvais Français qui avaient conspiré contreleur patrie, l’émigration méritait l’attention particulière dugouvernement. D’après la dernière législation, il suffisait oud’un arrêté du Directoire, ou d’un arrêté des administrationsdépartementales, pour porter tout individu absent sur la listedes émigrés ; dès lors les biens de cet absent étaient confis-qués, et, s’il était retrouvé sur le sol de la République, la loiprononçait sa mort. Une foule d’individus, véritablement émi-grés , ou seulement cachés, n’ayant pas été inscrits sur la fa-tale liste, soit qu’ils eussent été oubliés, soit qu’ils n’eussentpas trouvé un ennemi pour les dénoncer, pouvaient être in-scrits encore. 11 suffisait, pour qu’ils le fussent aujourd’hui,que cet ennemi se rencontrât une fois, et ils tombaient alorssous le coup des lois de proscription. Beaucoup de Françaisvivaient ainsi dans une anxiété continuelle. Quant à ceux quiavaient été inscrits, dûment ou indûment, ils arrivaient engrand nombre, afin d’obtenir leur radiation. Leur empresse-ment téméraire attestait la confiance qu’on avait dans l’huma-nité du gouvernement, mais offusquait certains révolutionnai-