ADMINISTRATION INTÉRIEURE. 143
terre, la proposition formelle d’une suspension d’armes, non-seulement sur le Rhin, où cette suspension existait déjà, maisencore sur les Alpes et l’Apennin, où elle n’existait pas encore.
Le 24 mars (3 germinal), M. de Thugut répondit, en termesd’ailleurs fort modérés, que le traité de Campo-Formio, violéaussitôt que conclu, ne contenait point un système do pacifi-cation, capable do rassurer les puissances belligérantes; quele vrai principe, adopté dans toutes les négociations, étaitde prendre pour base l’état dans lequel la fortune des armesavait laissé chaque puissance ; que c’était la seule base quel’Autriche pût accepter. M. de Thugut ajoutait qu’avant d’allerplus loin, il avait une explication à demander, relativementà la forme do la négociation ; qu’il lui importait de savoir sila France voudrait admettre les négociateurs de tous les Étatsen guerre, afin d’arriver à une paix générale, la seule qui fûtloyale et sage, la seule à laquelle l’Autriche pût accéder.
Ce langage prouvait deux choses : premièrement que l’Au-triche , en voulant pour point de départ, l’état actuel, c'est-à-dire la situation dans laquelle la dernière campagne avaitlaissé chaque puissance, nourrissait de grandes prétentionsen Italie ; secondement qu’elle ne se séparerait pas de l’Angle-terre, à laquelle des traités de subsides la liaient étroitement.Celte fidélité à l’Angleterre était de sa part un devoir de po-sition, qui influa, comme on le verra plus tard, sur le sort desnégociations et de la guerre.
Une telle réponse, quoique convenable dans les termes,laissait peu d’espoir de s’entendre, puisqu’elle faisait dépen-dre la conduite d’une puissance disposée à écouter quelquesparoles de paix, de la conduite d'une puissance résolue à n’enécouter aucune. Toutefois le général Bonaparte fit de nou-veau répondre qu’en offrant en Italie les dédommagements,stipulés autrefois en Allemagne, il proposait implicitement departir, non pas du status ante hélium, mais du status post hél-ium, c’est-à-dire de tenir compte des succès de l’Autriche en
Janv. 1800.
Réponse del’Autriche. Elledemande une né-gociation gdne'~raie.