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LIVRE II.

Janv. 1800.

(Nécessitéévidente de con-tinuer la guerre,et d'acheter lapaix par de nou-velles victoires.

Vive discussiondans le Parle-ment britanni-que, au sujetdes offres depaix repoussées.

Italie; que les ouvertures par lui faites à l’Angleterre, prou-\ aient son désir de rendre la paix générale ; qu’il espérait peu,du reste, d’une négociation commune à toutes les puissancesbelligérantes, car l’Angleterre ne voulait pas d’accommode-ment ; mais qu’il admettait purement et simplement les pro-positions de l’Autriche; qu’il attendait, en conséquence, ladésignation du lieu où l’on pourrait traiter, et que, puisqu’onvoulait continuer à combattre, il fallait le fixer hors du théâtrede la guerre.

L’Autriche déclara que, telles étant les intentions du cabi-net français, elle allait s’adresser à ses alliés, mais qu’avantde les avoir consultés, il lui était impossible de faire aucunedésignation précise. C’était remettre la négociation à un termeinconnu.

Le Premier Consul, en adressant ces ouvertures à l’Angle-terre et à l’Autriche, ne s’était fait aucune illusion sur leurrésultat ; mais il avait voulu tenter une démarche pacifique,premièrement, parce qu’il désirait la paix, la regardant commenécessaire à l’organisation du nouveau gouvernement ; secon-dement, parce qu’il jugeait que cette démarche le plaçaitmieux, dans l’esprit de la France et de l’Europe.

Ses calculs furent complètement justifiés par ce qui sepassa dans le Parlement d’Angleterre. M. Pitt, par sa brutalemanière de répondre aux ouvertures de la France, s’attirades attaques violentes et parfaitement fondées. Jamais l’op-position de MM. Fox et Shéridan n’avait été plus noblementinspirée; jamais elle n’avait jeté autant d’éclat, et mérité plusjustement l’estime des honnêtes gens de tous les pays.

La continuation de la guerre, en effet, était fort peu moti-vée , car l’Angleterre se trouvait en position d’obtenir alorstout ce qu’il était raisonnable de souhaiter: sans doute ellen’aurait pas obtenu l’abandon de l’Egypte, mais résignée quel-ques mois après, à nous la laisser, (les négociations ultérieu-res le prouveront), elle pouvait y consentir tout de suite, et,