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I.IVIIK II.
Mars 1600. liberté aussi importante que celle d’écrire, n’eûtpas mêmeobtenu une mention spéciale, dans la loi fondamentale del’Etat. Mais alors la tribune, tant celle des assemblées (piecelle des clubs, avait été pour les passions révolutionnairesle moyen préféré de se produire, et on avait tant usé du droitde parler, qu’on avait tenu peu de compte du droit d’écrire.A l’époque du 18 fructidor, la presse fut un peu plus em-ployée, mais particulièrement par les royalistes, et elle excitacontre elle un tel soulèvement chez les révolutionnaires,qu’clle leur inspira depuis un médiocre intérêt. On souffritdonc qu’elle fût proscrite au 18 fructidor, et que, dans la ré-daction do la Constitution de l’an vin, elle fût omise, et livréedès lors à l’arbitraire du gouvernement.
Le Premier Consul, qui avait déjà supporté avec peu depatience les attaques des journaux royalistes lorsqu’il étaitsimple général de l’armée d’Italie, commençait à s’inquiéteraujourd’hui des indiscrétions que la presse commettait àl’égard des opérations militaires, et des attaques virulentesqu’elle se permettait contre les gouvernements étrangers.S’appliquant d’une manière toute particulière à réconcilier laRépublique avec l’Europe, il craignait (pue les feuilles répu-blicaines, fort déchaînées contre les cabinets, surtout depuisle refus des offres de la France, ne rendissent vains tous sesefforts do rapprochement. Le roi de Prusse, notamment, avaiteu à se plaindre de quelques journaux français, et en avaitexprimé son déplaisir. Le Premici Consul, qui voulait effacerpartout les traces de la violence, et qui n’était pas retenud’ailleurs, à l’égard de la liberté do la presse, par une opinionpublique ferme et arrêtée, telle que celle qui existe aujour-d’hui, prit une décision, par laquelle il supprima une grandequantité de journaux, et désigna ceux qui auraient leprivilège de continuer à paraître. Ces dispositions dc-\ aient demeurer en vigueur jusqu’à la paix générale. Lesjournaux maintenus étaient au nombre de treize. C’étaient :