Band 
[Vol. 1.]
Seite
165
JPEG-Download
 

ADMINISTRATION INTÉRIEURE 165

ouvrage. On lui proposa de se créer un emploi de son temps,au moyen des pétitions qu’il était seul chargé de recevoir, etdes vœux qu’il était autorisé à émettre sur les objets d’intérêtgénéral. M. Benjamin Constant proposa de livrer ces pétitionsà des commissions distinctes, de les soumettre à un travailcontinuel, et de se ménager par ce moyen, non-seulement ladiscussion de tous les actes du gouvernement, chose en soifort légitime, mais leur discussion permanente pendant lesdouze mois de l’année. Cette proposition fut repoussée dansce qu’elle avait de grave. Il fut décidé que le Tribunal seréunirait une fois par quinzaine, pour entendre un rapportde pétitions, et que ce rapport serait fait par le bureau del’assemblée, composé du président et des secrétaires. Réduiteà ces termes, la proposition n’avait plus rien d’inquiétant.

Sauf cette dernière tentative, la fin de la session fut par-faitement paisible, même au Tribunal. Les projets du gouver-nement y avaient obtenu une telle majorité, qu’il fallait unebien grande susceptibilité, pour en vouloir à ce corps de l’op-position d’une vingtaine de ses membres. Le Premier Consul,quelque disposé qu’il fût à ne rien supporter, prit le parti den’en tenir aucun compte. Aussi cette première session, ditede l’an vin, ne répondit-elle aucunement aux craintes quecertains propagateurs de mauvaises nouvelles affectaient derépandre. Si plus tard les choses en étaient restées là, on seserait accommodé de ce dernier simulacre des assembléesdélibérantes. Cette génération alarmée, et le chef qu’elle avaitadopté, les auraient également supportées.

Un peu avant la clôture de la session, le Premier Consulprit, à l’égard de la presse périodique, une mesure qui au-jourd’hui ne serait rien moins qu’un phénomène impossible,mais qui alors, grâce au silence de la Constitution, était unemesure tout à fait légale, et, grâce à l’esprit du temps, à peuprès insignifiante. La Constitution, en effet, ne disait rien àl’égard de la presse périodique, et il paraîtra étonnant qu’une

Mars 1800.

Règlement depolice à l'égardde la pressepériodique.