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LIVRE 11.

Mars 1800 . tour de lui les gloires de tous les temps, de tous les pays,comme autour de son gouvernement il voulait réunir tous lespartis, tel était à chaque occasion le penchant qu’il aimait àmanifester.

Mais il ne devait pas occuper seul les Tuileries. Ses deuxcollègues devaient les occuper avec lui. Le Consul Lebrunfut logé au pavillon de Flore. Quant au Consul Cambacérès,qui avait rang avant le Consul Lebrun, il refusa de prendreplace dans ce palais des rois. Ce personnage, d’une prudenceconsommée, le seul peut-être des hommes de ce temps quine se soit livré à aucune illusion, ce personnage dit à soncollègue Lebrun: C’est une faute d’aller nous loger aux Tuile-ries; cela ne nous convient point à nous, et, pour moi, jen’irai pas. Le général Bonaparte voudra bientôt y loger seul;il faudra alors en sortir. Mieux vaut n’y pas entrer. — Il n’y

• alla pas, et se lit donner un bel hôtel sur la place du Carrou-

sel, qu’il a gardé aussi long-temps que Napoléon a gardél’Empire.

Lorsque tout fut disposé, et quelques jours après la céré-monie funèbre des Invalides, le Premier Consul résolut deprendre publiquement possession des Tuileries. 11 le fit avecune grande solennité.

Les Consuls se Le 19 février (30 pluviôse), il quitta le Luxembourg, pour

rendent en grand

cortege se rendre à son nouveau palais, précédé et suivi d’un cortège

du Luxembourg A ' 1

aux Tuileries, imposant. Les beaux régiments qui avaient passé de Hollandeen Vendée, de la Vendée à Paris, et qui allaient s’illustrerpour la centième fois dans les plaines de l’Allemagne et del’Italie, ces régiments, commandés par Lannes, Murat, Bes-sières, ouvraient la marche. Puis venaient dans des voitures,presque toutes d’emprunt, les ministres, le Conseil d’État,les autorités publiques ; enfin dans un beau carrosse, atteléde six chevaux blancs, les trois consuls eux-mêmes. Ceschevaux avaient un à-propos particulier, dans cette circon-stance : c’étaient ceux que l’Empereur d’Allemagne avait don-