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[Vol. 1.]
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181 LIVilE ai.

Mars 1800 11 n’y avait donc aucun plan parfaitement sûr pour l’Au-

triche, quand les Français étaient maîtres de la Suisse, ce qui,pour le dire en passant, prouve que la neutralité suisse esttrès-bien inventée, dans l’intérêt des deux puissances. Elleajoute, en effet, à leurs moyens défensifs en diminuant leursmoyens offensifs; c’est-à-dire qu’elle donne à leur sûreté toutce qu’elle enlève à leur puissance agressive. On ne sauraitmieux faire dans l’intérêt de la paix générale.

Les Autrichiens n’avaient donc pas beaucoup de partis àprendre, et, quoi qu’on ait dit, ils prirent peut-être le seulpossible, en se décidant à temporiser en Souabe, à opérervivement en Italie, restant séparés par l’obstacle de la Suisse,qu’il leur était impossible de faire disparaître. Mais danscette position il y avait plus d’une manière de se conduire, etil faut reconnaître qu’ils n’adoptèrent pas la meilleure, qu’ilsne surent même prévoir aucun des dangers qui les mena-çaient. S’obstinant à croire les armées françaises épuisées;no supposant pas que celle d’Allemagne fût capable de prendrel’offensive et de passer le Rhin devant 150 mille Autrichienspostés dans la Forêt-Noire; supposant encore moins qu’onpût franchir les Alpes, sans route, et dans la saison des neiges ;ne voyant pas d’ailleurs la troisième armée qui pourrait êtretentée de les franchir, ils s’abandonnèrent à une confiance quileur devint fatale. 11 faut reconnaître encore, pour être juste,que bien des gens y auraient été trompés comme eux, carleur sécurité reposait sur des obstacles en apparence invin-cibles. Mais l’expérience leur apprit bientôt que, devant unadversaire tel que le général Bonaparte, toute sécurité, mêmefondée sur des barrières insurmontables, fleuves ou mon-tagnes de glaces, était trompeuse, et pouvait devenir mortelle.

La France avait deux armées: celle d’Allemagne, portée,par la réunion des armées du Rhin et d’IIelvétic, à 130 millehommes; celle de Ligurie, réduite à 40 mille au plus. Il yavait dans les troupes de Hollande, de Vendée et de l’inté-