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Souabe, l’autre en Piémont, séparées par le massif de la Suisse, Mars isoo.n’ont aucun moyen de communiquer entre elles, et les Fran-çais, débouchant par le lac de Constance d’un côté, parlesgrandes Alpes de l’autre, peuvent se jeter, ou sur les flancsde l’armée de Souabe, ou sur les derrières de l’armée d’Italie.
Ce danger est impossible à éviter, quelque plan qu’on adopte,à moins de revenir à cinquante lieues en arrière, de rétrogra-der jusqu’en Bavière d’un côté, jusqu’en Lombardie de l’autre.
11 aurait donc fallu que les Autrichiens fissent l’une des nos trois partis
1 que les Autrt-
choses que voici : ou que, perdant les avantages de la der- cl,ie p® e " 1 jïj. cllt anière campagne, ils nous abandonnassent à la fois la Souabeet le Piémont ; ou que, se refusant à un tel sacrifice, ils es-sayassent d’enlever la Suisse par une attaque principale, cequi ne pouvait pas leur réussir, car c’était attaquer de frontun obstacle à peu près insurmontable, contre lequel on avaitdéjà échoué; ou enfin qu’ils se divisassent en deux grandesarmées, comme ils firent, restant séparés par la Suisse, quise trouvait ainsi placée sur leurs flancs et sur leurs derrières.
Ils auraient pu, il est vrai, en suivant ce dernier parti, dimi-nuer beaucoup l’une des deux armées pour grossir l’autre,et par exemple ne laisser au baron de Mêlas que peu demoyens, assez seulement pour contenir Masséna, et porter à200 mille hommes l’armée de Souabe; ou faire le contraire,en réunissant leurs principales forces en Piémont. Mais, dansun cas c’était livrer l’Italie, l’Italie, but unique et prix ardem-ment désiré de la guerre ; dans l’autre, c’était abandonner sanscombat le llhin, la Forêt-Noire, les sources du Danube, etabréger d’autant pour les Français la roule de Vienne; c’étaitenfin, dans les deux cas, faire la chose du monde la plus avan-tageuse pour nous, car en portant l’une des deux armées à200 mille hommes, on donnait la victoire à celle des deuxpuissances qui avait le général Bonaparte pour elle. 11 étaiten effet le seul général qui pût alors commander 200 millehommes à la fois.