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LIVRE III.
Mars 1800 . juste assez pour les observer, et de se concentrer, avec 25 ou30 mille hommes, sur Gênes. Cette ville étant fortement oc-cupée , l’invasion du midi de la France était peu présumable,et, en tout cas, peu à craindre; car les Autrichiens ne seraientpas assez téméraires pour s’avancer, au delà duVar, sur Tou-lon et les Bouches-du-Rhône, en laissant Masséna sur leursderrières. Masséna pouvait d’ailleurs tomber avec ses 30 millehommes réunis sur les corps qui auraient franchi les défilésde l’Apennin. Il était difficile, vu la nature des lieux, étroitset escarpés, qu’il rencontrât plus de 30 mille hommes à lafois. Il avait donc le moyen de faire partout face à l’ennemi.Ce plan excellent n’était malheureusement exécutable que parun général qui aurait eu la prodigieuse dextérité du vainqueurde Montenotte. Le Premier Consul était, du reste, assuré d’a-voir dans Masséna un défenseur opiniâtre des hauteurs escar-pées de l’Apennin, et de préparer au baron de Mêlas des oc-cupations qui le retiendraient en Ligurie, pendant tout le tempsnécessaire au mouvement combiné des armées françaises.
Néanmoins, il faut le dire, l’armée de Ligurie fut un peutraitée en armée sacrifiée ; on ne lui envoya pas un homme deplus, on ne lui donna que du matériel, et même, sous ce rap-port, le nécessaire seulement. C’est ailleurs que se dirigeaientles principaux efforts du gouvernement, parce que c’est ail-leurs que devaient se porter les grands coups. L’armée de Li-gurie était exposée à périr, pour donner à d’autres le tempsd’être victorieuses. Telle est cette dure fatalité de la guerre,qui passe de la tête des uns sur la tête des autres, obligeantceux-ci à mourir pour que ceux-là vivent et triomphent !
L'armée <ia Rhin. L’armée traitée avec un soin tout particulier fut celle qui,
sous les ordres de Moreau, était destinée à opérer en Souabe.On lui envoya tout ce qu’on put en hommes et en matériel.On fit les plus grands efforts pour lui assurer une artilleriecomplète et de grands moyens de passage, afin qu’elle se trou-vât en mesure de franchir le Rhin à l’improviste, et, s’il était