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[Vol. 1.]
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LIVRE III.

Mars 1800.

Leeourbe.

Uîchepanse.

Saint-C.vr.

Ney.

TMoreau.

Plan particuliertract* par le Pre-mier Consul àMoreau.

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intrépides. Les chefs étaient dignes des soldats. La formationde cette armée en divisions détachées, complètes en toutesarmes, et agissant en corps séparés, y avait développé au plushaut point le talent des généraux divisionnaires. Ces division-naires avaient des mérites égaux, mais divers. C’était Lc-courbe, le plus habile des olficiers de son temps dans la guerrede montagnes, Lecourbe, dont les échos des Alpes répétaientle nom glorieux: c’était Richepanse, qui joignait h une bra-voure audacieuse une intelligence rare, et qui rendit bientôtà Moreau, dans les champs de Ilohenlinden, le plus grand ser-vice qu’un lieutenant ait jamais rendu à son général : c’étaitSaint-Cyr, esprit froid, profond, caractère peu sociable, maisdoué de toutes les qualités du général en chef: c’était enfin cejeune Ney, qu’un courage héroïque, dirigé par un instinct heu-reux de la guerre, avait déjà rendu populaire dans toutes lesarmées de la République. A la tête de ces lieutenants étaitMoreau, esprit lent, quelquefois indécis, mais solide, et dontles indécisions se terminaient en résolutions sages et fermes,quand il était face à face avec le danger. L’expérience avaitsingulièrement formé et étendu son coup d’œil militaire. Mais,tandis que sou génie guerrier grandissait aux épreuves de laguerre, son caractère civil, faible, livré à toutes les influen-ces, avait succombé déjà, et devait succomber encore auxépreuves de la politique, que les âmes fortes et les espritsvraiment élevés peuvent seuls surmonter. Du reste, la mal-heureuse passion de la jalousie n’avait point encore altéré lapureté de son cœur et corrompu son patriotisme. Par sonexpérience, son habitude du commandement, sa haute renom-mée, il était, après le général Bonaparte, le seul homme ca-pable alors de commander à cent mille hommes.

Le plan de détail que lui avait prescrit le Premier Consul,consistait à déboucher en Souabe par le point qui lui permet-trait le mieux d’agir sur l’extrême gauche du maréchal deKray, de manière à déborder celui-ci, à le couper de la Ba-