U LM ET GENES.
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filant du rideau qui la couvrait, c’est-à-dire du Rhin, elle re- Mais isoo.montât ce fleuve à l’improviste, qu’elle se réunit entre Bàleet Schaiïbuse, qu’avec des bateaux secrètement disposés dansles affluents, elle jetât quatre ponts en une matinée, et qu’elledébouchât, au nombre de 80 ou 100 mille hommes, entreStokach et Donau-Eschingen, donnant dans le flanc de M. deIvray, le coupant do ses réserves et de la gaucho, précipitantses débris sur le haut Danube. Il pensait que, cette opérationexécutée avec promptitude et vigueur, l’armée autrichienned’Allemagne pouvait être écrasée. Ce qu’il a fait plus tard enpartant d’un point différent, mais dans les mêmes lieux, au-tour d’Ulm, ce qu’il fit cette année même par le Saint-Bernard,prouve que ce plan n’avait rien que de très-praticable. 11croyait que l’armée française, n’opérant pas sur le sol enne-mi, puisqu’elle remontait par la rive gaucho, n’ayant qu’àmarcher sans combattre, pourrait, avec certaines précautions,dérober deux ou trois marchés à M. de Kray, et qu’elle seraitau lieu du passage avant que ce général eût réuni assez demoyens pour l’empêcher.
C’est là le plan qui avait troublé l’esprit de Moreau, peuhabitué à ces hardies combinaisons. 11 craignait que M. deKray, averti à temps, ne se portât avec la masse de scs forcesà la rencontre de l’armée française, et no la jetât dans lefleuve. Moreau aimait mieux profiter des ponts existants àStrasbourg, Brisach et Bâle, pour déboucher en plusieurscolonnes sur la rive droite ; il voulait ainsi diviser l’attentiondes Autrichiens, les attirer principalement vers les défilés dela Forêt-Noire .correspondants aux ponts de Strasbourg et doBrisach, puis, après les .avoir amenés dans ces défilés, se dé-rober tout à coup, longer le Rhin avec les colonnes qui au-raient traversé ce fleuve, et venir se placer devant Schaffousepour y couvrir le débouché du reste de l’année.
- Le plan de Moreau n’était pas sans mérite, mais il n’étaitpas non plus sans de graves inconvénients, car, s’il tendait h