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[Vol. 1.]
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LIVRE 111.

Avril 1800.

Combats sur lahaute Bormida.La ligne fran-çaise est coupéeen deux.

remontant la Trebbia, se présenta par les cols de Scoffera etde Monle-Creto, qui débouchent sur la droite de Gênes ; le gé-néral Hohenzollern, avec 10 mille hommes, menaça la Boc-chet-ta, qui débouche sur la gauche de cette place. Le baronde Mêlas, avec 50 mille hommes, remonta la Bormida, et atta-qua simultanément toutes les positions de la roule que nousavons appelée route du milieu, laquelle, par Cadibona, aboutità Savone. Son intention, comme l’avait prévu le Premier Con-sul, était de forcer notre centre, et de séparer le général Su-.ehet du général Soult, qui se donnaient la main vers ce point.Une lutte violente s’engagea donc, depuis les sources du Ta-naro et de la Bormida, jusqu’aux sommets escarpés qui domi-nent Gênes. Les généraux EIsnitz et Mêlas soutinrent descombats acharnés contre le général Suchet, à Rocca-Barbena,à Sette-Pani, à Melogno, à Saint-Jacques ; contre le généralSoult, à Montelegino, à Stella, à Cadibona, à Savone. Les sol-dats de la République, profitant de ce pays montagneux, secouvrant de tous les accidents du terrain, se défendirent avecune bravoure incomparable, firent perdre à l’ennemi trois foisplus de monde qu’ils n’en perdirent eux-mêmes, car leur feuplongeait sur des masses épaisses et profondes; mais, obligésde combattre sans cesse contre des troupes toujours renou-velées, ils se virent forcés de céder le terrain, vaincus parl’épuisement et la fatigue plus que par les Autrichiens. Lesgénéraux Suchet et Soult furent contraints de se séparer, etde se retirer, l’un sur Borghetto, l’autre sur Savone. La lignefrançaise se trouva donc coupée, comme il était facile de le pré-voir; moitié de l’armée de Ligurie fut jetée sur Nice, moitiéfut condamnée à s’enfermer dans Gênes.

Du côté de Gênes même les succès avaient été balancés.L’attaque de la Bocchetta, tentée par le comte d’Hohenzollernavec trop peu de forces pour vaincre les Français, c’est-à-direavec 10 mille hommes à peu près contre 5 mille, fut repous-sée par la division Gazan. Mais, à la droite de Gênes, c’est-