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LIVRE III.
Avril i8oo. nin, dont la base s’appuie à la nier. C’est vers la base de cetriangle, et, bien entendu, avec l’irrégularité ordinaire à lanature, que Gènes se déploie en rues allongées, bordées depalais magnifiques. La nature et l’art avaient beaucoup faitpour sa défense. Du côté de la mer deux môles, se dirigeantl’un vers l’autre presque jusqu’à se croiser, formaient le port,et le défendaient contre les escadres ennemies. Du côté de laterre, unepremière enceinte bastionnée enveloppait, en la ser-rant de près, la partie bâtie et peuplée de la ville. Une secondeenceinte plus vaste, et bastionnée comme la précédente, était tra-cée sur ces hauteurs, qui décrivent, ainsi que nous venons de ledire, une figure triangulaire autour de Gènes. Deux forts,disposés en étage l’un au-dessus de l’autre, les forts de l’Épe-ron et du Diamant, étaient placés au sommet de cette figuretriangulaire, et couvraient de leur feu dominateur tout l’en-semble de la fortification.
Mais ce n’était pas tout ce qu’on avait fait pour tenir l’en-nemi à une grande distance. Si on tourne le dos à la mer,et si on regarde Gènes, on a le levant à droite, le couchant àgauche. Deux petites rivières, celle du Bisagno au levantou à droite, celle de la Polcevera au couchant ou à gauche,baignent les deux côtés de l’enceinte extérieure. Le Bisagnodescend de ces hauteurs mêmes du Monte-Creto et de Scoffera,qu’il faut franchir quand on vient du revers de l’Apennin enremontant la Trebbia. Le côté de la vallée du Bisagno, quiest opposé à la ville, s’appelle le Monte-Ratti, et pré-sente diverses positions, du sommet desquelles on auraitpu causer de grands dommages à Gènes, si elles n’avaientété occupées. Aussi avait-on eu grand soin de les cou-ronner par trois forts, ceux de Quezzi, de Richelieu, deSainte-Tècle. La vallée de la Polcevera, au contraire, qui estplacée à gauche de Gènes, et descend des hauteurs de la Boc-ehetta, n’offre aucune position dominante que l’art côt à occu-per pour protéger la ville. Mais un long faubourg, placé au