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Livuii ni.
Mai ISOO.
Caractère du solde la Souabe, etnature des opé-rations militairesqu'on y peutexécuter.
Deux manièresde défendrela valleedu Danube.
graves conséquences. Heureusement pour nous, l’armée deM. deKray était encore moins concentrée que celle de Moreau.M. deKray, dont la position se prêtait d’abord plus que lanôtre à une concentration rapide, puisqu’il occupait de Con-stance à Strasbourg la base d’un triangle dont nous occupionsle deux côtés, M. de Kray surpris aujourd’hui par notre mou-vement, ayant déjà sur son flanc gauche les Français réunisaux trois quarts et tout transportes au delà du fleuve, étaitdans une situation difficile. Il avait donné aux détachementsde l’armée autrichienne, qui se trouvaient près du Rhin, desordres précipités pour les ramener par la Forêt-Noire sur lehaut Danube; mais une résolution prompte et bien concertéepouvait seule le tirer de péril. 11 faut, pour bien saisir cottesituation, jeter les yeux sur le théâtre de ces opérations com-pliquées.
Cette contrée montagneuse et boisée qu’on appelle la Forèl-Noirc, autour de laquelle le Rhin tourne sans la pénétrer, etde laquelle il s’éloigne pour couler au nord, cette contrée pro-duit, sous la forme d’une simple source, un fleuve fort modesteà sa naissance, quoique destiné à devenir l’un des grandsfleuves du monde, c’est le Danube. Fille le verse à l’est, oùil se dirige, en inclinant toutefois un peu au nord, projetédans celte dernière direction par le pied allongé des Alpes,qu’il parcourt jusqu’à Vienne. 11 recueille dans son courstoutes les eaux qui descendent de cette longue chaîne demontagnes, ce qui est la cause de sa subite grandeur, aprèsune si médiocre origine.
Les généraux autrichiens qui défendent contre les Françaisla vallée du Danube, chemin ordinaire de leur patrie, ont deuxplans à suivre. Ils peuvent, quand les Français ont réussi ày pénétrer par la Suisse et la Forôl-Noire, ils peuvent, oulonger le pied des Alpes, appuyant leur gauche aux mon-tagnes, leur droite au Danube, et défendant successivementtoutes les rivières qui s’y jettent, telles que l’iller, le Lech,