Band 
[Vol. 1.]
Seite
239
JPEG-Download
 

UI.M ET GÈNES.

'2 .TJ

reusement pour lui, commencèrent à paraître les premières îsoo.troupes du corps de Saint-Cyr. Ces troupes arrivaient forttard, par suite d’un défaut d’ensemble dans les dispositionsde Moreau. Saint-Cvr avait dû tendre la main à Sainte-Su-zanne par une de ses divisions ; il avait été contraint d’at-tendre Ney, retardé par le manque de vivres, d’attendremême son artillerie, toujours restée en arrière depuis le pas-sage du Rhin ; il avait en outre rencontré sans cesse le princeFerdinand sur ses pas, et, n’avant à lui opposer qu’une divi-sion sur trois, il s’était vu obligé de marcher avec mesure etprécaution. Il arrivait enfin au secours de Richepanse, aumoment où M. de Kray tentait sur celui-ci un dernier et vi-goureux effort , pour l’empêcher de déboucher sur Engen.

Moreau, jugeant à la vivacité du feu le danger de Richepanse,voulut attirer les Autrichiens sur leur gauche, et, pour cela,crut devoir attaquer ce village d’Ehingen, qui formait l’appuide leur position de l’autre côté de la plaine. On vient de voirque l’ennemi avait placé là, au pied d’une chaîne de coteaux,son artillerie, sa cavalerie, plus une réserve de grenadiers,dans un vallon dont le village d’Ehingen formait l’entrée. Legénéral Rontemps s’y porta avec la 67 e demi - brigade, deuxbataillons de la 10° légère, et deux escadrons du 5 e de hus-sards. Le général d’Ilautpoul le suivait avec la réserve decavalerie. Ces troupes, marchant en colonnes dans la plaine,sous le feu d’une batterie de 12 pièces de canon, arrivèrentbravement sur le village d’Ehingen, et l’emportèrent. Mais, i. es troupes

françaises

tout à coup, les huit bataillons de grenadiers en réserve, fu- «n moment re-

1 ' ' pousse'es au vil-

rent lancés sur elles. La cavalerie autrichienne appuya par la 8 c •l’Eiiina™.une charge vigoureuse les huit bataillons de grenadiers, et,sous cet orage inattendu, nos soldats furent obligés de céderle village. La cavalerie du général d’Ilautpoul fut ramenéepar la grande masse de la cavalerie impériale. Le brave gé-néral Bontemps reçut une blessure grave au milieu de celteconfusion. Dans ce moment, le feu redoublait à notre gauche