240
I, IV H K Il[.
Mai 1800.
Moreau décidela victoireà la tète de quel-ques compagniesde grenadiers.
Uè&ultatsde ia batailled’Engen.
Fautesde Moreaudans
cette journée.
par delà le pic de Hohenhewen, ce qui annonçait les dangersde Richepanse, s’obstinant, sans y avoir réussi encore, à for-cer la ceinture des hauteurs.
Moreau, qui dans les moments difficiles avait la fermetéd’une âme vraiment guerrière, apprécie sur-le-champ la gra-vité de cette situation, et se décide à un coup de vigueur,pour demeurer maître du champ de bataille. 11 fait avancerles restes de la division Bastoul, prend lui - même quelquescompagnies de grenadiers qu’il avait sous la main, les anime,les porte en avant, refoule tout ce qu’il rencontre, et ramènenos troupes victorieuses dans Ehingen. Tandis qu’il fixe lafortune sur ce point, Richepanse fait de son côté des prodigesde bravoure. Saint-Cyr, rejoint parNey, et définitivementdélivré de l’archiduc Ferdinand, envoie en avant la brigadedu général Roussel. Celle-ci rivalise de courage avec les trou-pes depuis long-temps engagées de Richepanse, et les aide àconquérir les hauteurs si vivement disputées. L’action se dé-cide donc de tous les côtés en notre faveur, mais au prix debeaucoup d’efforts et de sang versé. La 4 e demi-brigadevenait de-perdre à elle seule, dans ces combats, 5 à 000hoHlines.
La nuit commençait à se faire ; les Français redoublaientd’ardeur, tandis que les Autrichiens, apprenant la nouvelle dela ruine du prince de Lorraine-Vaudemont, à Stokach, com-mençaient à se décourager. M. doKray, craignant d’être tournépar Stokach, ordonna la retraite. Il se hâta de regagner leDanube par Tuttlingen et Liplingen.
Les pertes de l’armée française dans celte suite de combatsacharnés étaient assez considérables. Elle avait eu 2 millehommes hors de combat, tant tués que blessés ; mais l’arméeautrichienne en avait eu 3 mille, plus 4 à 5 mille prisonniersrestés entre nos mains. Les troupes françaises, par leur rarebravoure, avaient corrigé les défectuosités du plan général. Ceplan, en effet, laissait beaucoup à désirer, et on peut mainte-