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LIVRE III.
Mai 1800. droite et sur les débouchés du Vorarlberg, d’où le prince deReuss aurait pu venir.
M. de Kray n’était pas encore résigné à céder le terrainsans combattre. Son armée était déjà fort troublée, et affai-blie d'ailleurs de près de dix mille hommes. II eut le tort devouloir l’exposer à une nouvelle rencontre avec les Français,avant d’avoir passé le Danube, et rallié les généraux Kien-mayer et Sztarray, lesquels revenaient des bords du Rhin àtravers la Forêt-Noire, en même temps que le corps françaisde Sainte-Suzanne. Il aurait fallu l’abri d’un grand fleuve,quelques jours de répit, et des renforts, pour que le moral del’armée autrichienne pût se remettre. La position de Mœss-kirch, sur laquelle Moreau lui laissa le temps de se rasseoir,inspira à M. de Kray la résolution imprudente, mais coura-geuse, de combattre encore une fois.
Cette position de Mœsskirch est en effet très-forte. Lagrande route qui, par Engen et Stokach, va joindre le Danube,passe, un peu avant d’être à Mœsskirch, sous le feu d’un pla-teau large et élevé, qu’on appelle le plateau de Krumbach.Fille le laisse à gauche, puis s’enfonce dans un terrain couvertde bois, et y forme un long défilé. Elle débouche ensuite surun terrain découvert, au fond duquel on aperçoit la petiteville de Mœsskirch à droite, et le village de Heudorf à gauche.Derrière Mœsskirch règne une ligne de hauteurs, qui se con-tinuent de Mœsskirch à Ileudorf, puis de Heudorf viennentse rejoindre en arrière et à gauche au plateau de Krumbach: defaçon que la route, passant d’abord sous le plateau de Krumbach,puis s’engouffrant dans un bois, débouche enfin à découvert,sous le feu des hauteurs qui s’étendent de Mœsskirch à Heudorf.
M. de Kray avait couronné cette position d’une artillerieformidable. Le prince de Lorraine, formant la gauche desAutrichiens, occupait .Mœsskirch et les hauteurs environnantes.M. de Nauendorf, formant leur centre, était déployé au-des-sus de Heudorf, ayant une réserve de grenadiers en ar-
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