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LIVRE III.
Mai 1800.
Fausse positiondes Autrichiensà Sigmaringe»,dont on ne suitpas profiter.
ainsi accumulée et troublée, avait Ip certitude de la culbuterdans le Danube, par une seule charge de tout son corps. Ilfit avancer quelques pièces d’artillerie dont chaque coup em-portait des files entières, mais qui ne pouvaient avoir la pré-tention de rester en batterie devant les soixante bouches àfeu de M. de Kray. Il espérait attirer Pattention de Moreaupar le bruit de cette canonnade, et l’amener, du corps deréserve, au corps de gauche. Ne le voyant pas arriver, il luienvoya un officier pour l’avertir, et obtenir l’ordre d’attaquer.Mais l’union n’existait plus. On crut à l’état-major, ou l’onfeignit de croire, que Saiut-Cyr voulait encore appuyer àgauche pour s’isoler davantage, et agir seul. On lui réponditpar l’ordre d’appuyer à droite, pour se lier, plus étroitementqu’il n’avait coutume de le faire, au corps de réserve, quiformait le centre de l’armée. — Cette mesure est indispen-sable, lui disait-on, afin que le général en chef puisse disposerde votre troupe au besoin \ — Le sens de cet ordre indiquaitassez clairement l’humeur du général en chef et de son en-tourage. 11 était évident que Moreau se laissait absorber parle commandement d’un seul corps, et que sa faiblesse decaractère donnait naissance aux divisions intestines, funestesen tout lieu, mais plus funestes encore aux armées que par-tout ailleurs.
M. de Kray put donc s’enfuir sans danger, et rallier sonarmée au delà du Danube. M. de Kienmayer venait de lerejoindre avec les troupes arrivant des bords du Rhin ; M. deSztarray suivait de près.
L’armée de Moreau avait trouvé à Stokach, à Donau-Eschingen, de vastes magasins; rien ne lui manquait; elleétait animée par le succès, et par l’offensive continuelle qu’elleavait prise. Le 7 et le 8 mai (17 et 18 floréal) Moreau con-tinua de marcher, la gauche au Danube, présentant une ligne
1 Saint-Cyr, j>. 201, volume indiqué.