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LIVRE III.
Mai 1800. quement jetés dans la Riess, remontaient à travers les rangsde l’armée autrichienne, qui s’ouvrait pour les laisser passer,et, à son aspect, on pouvait facilement reconnaître combiencette armée était troublée. Saint -Cyr envoya un certainnombre de tirailleurs, qui allèrent insulter l’ennemi sans qued’autres tirailleurs parussent pour les jeter dans le ravin.On répondait à ces soldats détachés par des décharges géné-rales , comme fait une troupe effrayée, qui cherche à se ras-surer avec du bruit. Saint-Cyr était, sur le terrain, l’un destacticiens les plus habiles qui aient paru parmi nous. Envoyant cet état de l’armée autrichienne, son parti fut pris sur-le-champ. Il fit ranger les divisions Tharreau etBaraguay surdeux colonnes, en forma une troisième de la division Riche-panse , et plaça la cavalerie eu échelons sur les ailes. Quandce déploiement fut fait, il ébranla toutes ses colonnes à la fois.Elles franchirent les pentes du Mettenberg avec un aplombsans pareil. Les Autrichiens, à la vue de ces soldats gravis-sant avec tant de calme une position formidable, et d’où unearmée trois fois supérieure en nombre pouvait les précipiterdans les marécages de la Riess, furent saisis d’étonnement etd’épouvante. M. de Kray ordonna un mouvement rétrograde ;. ses soldats ne l’exécutèrent pas comme il l’aurait voulu, car,après quelques feux, ils cédèrent le terrain du Mettenberg,et finirent par fuir en désordre, laissant au corps de Saint-Cyr plusieurs mille prisonniers, et des magasins immensesqui servirent à nourrir long-temps l’armée française. La nuitempêcha la poursuite. Moreau survint sur ces entrefaites, et,quoique en froideur avec Saint-Cyr, lui rendit le lendemain,en présence de Carnot, ministre de la guerre, un éclatant té-moignage de satisfaction. Moreau, débarrassé en ce nfcmentdes fâcheux amis dont il était obsédé au quartier-général, sutêtre juste pour un lieutenant qui avait vaincu, sans sa pré-sence et sans ses ordres.
' L’armée française était pleinement victorieuse ; les Autri-