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[Vol. 1.]
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MARKNGO.

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Le Premier Consul se décida donc à conduire la masseprincipale de ses forces par le Saint-Bernard même. 11 em-menait avec lui ce qu’il y avait de meilleur dans l’armée deréserve, environ 40 mille hommes, 3o mille d’infanterie etd’artillerie, 5 mille de cavalerie. Cependant, voulant diviserl’attention des Autrichiens, il imagina de faire descendre pard’autres passages quelques détachements quon n’avait pas puréunir au gros de l’armée. Pas loin du grand Saint-Bernardse trouve le petit Saint-Bernard, qui, des hauteurs de la Sa-voie, débouche aussi dans la vallée d’Aoste. Le Premier Con-sul dirigea sur ce passage le général Chabran avec la 70 e de-mi-brigade, et quelques bataillons d’Orient remplis de conscrits.C’était une division de 5 à 6 mille hommes, qui devait rejoindresur Ivrée la colonne principale. Enfin le général Thur-reau, qui avec 4 mille hommes de troupes de Ligurie défen-dait le mont Cenis, avait ordre de se présenter à ce passage,et d’essayer de pénétrer sur Turin. Ainsi l’armée françaisedevait descendre des Alpes par quatre passages à la fois, leSaint-Gothard, le grand et le petit Saint-Bernard, le montCenis. La masse principale, forte de 40 mille hommes, agis-sant au centre de ce demi-cercle, avait la certitude de rallierles 15 mille hommes venus d’Allemage, ainsi que les troupesdu général Chabran, peut-être celles du généralThurreau, cequi devait composer une force totale d’environ 6o mille sol-dats et troubler l’esprit de l’ennemi, ne sachant, à l’aspect detous ces corps, vers quel point diriger sa résistance.

Le choix des points de passage arrêté, il fallait s’occuperde l’opération elle-même, consistant à jeter 60 mille hommesavec leur matériel, de l’autre côté des Alpes, sans routesfrayées, à travers des rochers, des glaciers, et à l'époque laplus redoutable de l’année, celle de la fonte des neiges. C’estune chose déjà fort malaisée que de traîner avec soi un parcd’artillerie, car chaque pièce de canon exige après elle plu-sieurs voitures, et, pour 60 bouches à feu, il fallait en amener

Mai 1800.

Démonstrationsaccessoires versplusieurs debou-che's des Alpes.

Naturedo la routeà parcourir,