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[Vol. 1.]
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M AllENGO.

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placés sur des mulets. Restaient les pièces de canon elles- Mai îsm.mêmes, dont on ne pouvait pas réduire le poids par la divi-sion du fardeau. Pour les pièces de douze surtout , et pourles obusiers, la difficulté fut plus grande qu’on 11e l’avaitd’abord imaginé. Les traîneaux à roulettes construits dans lesarsenaux ne purent servir. On imagina un moyen qui futessayé sur - le - champ, et qui réussit : ce fut de partager parle milieu des troncs de sapin, de les creuser, d’envelopperavec deux de ces demi-troncs une pièce d’artillerie, et de latraîner ainsi enveloppée le long des ravins. Grâce à ces pré-cautions , aucun choc ne pouvait l’endommager. Des muletsfurent attelés à ce singulier fardeau, et servirent à éleverquelques pièces jusqu’au sommet du col. Mais la descenteétait plus difficile : on ne pouvait l’opérer qu’à force de bras,et en courant des dangers infinis, parce qu’il fallait retenir lapièce, et l’empôcher en la retenant de rouler dans les préci-pices. Malheureusement les mulets commençaient à manquer.

Les muletiers surtout, dont il fallait un grand nombre, étaientépuisés. On songea dès lors à recourir à d’autres moyens.

On offrit aux paysans des environs jusqu’à mille francs parpièce de canon, qu’ils consentiraient à traîner de Saint-Pierreà Saint-Remy. 11 fallait cent hommes pour en traîner uneseule, un jour pour la monter, un jour pour la descendre.Quelques centaines de paysans se présentèrent, et transpor-tèrent en effet quelques pièces de canon, conduits par lesartilleurs qui les dirigeaient. Mais l’appàt même du gain neput pas les décider à renouveler cet effort. Ils disparurenttous, et malgré les officiers envoyés à leur recherche, et pro-diguant l’argent pour les ramener, il fallut y renoncer, et de-mander aux soldats des divisions de traîner eux-mêmes leurartillerie. On pouvait tout obtenir de ces soldats dévoués.

Po.ur les encourager, 011 leur promit l’argent que les paysansépuisés 11e voulaient plus gagner, mais ils le refusèrent, disantque c’était un devoir d’honneur pour une troupe de sauver